Lettre sur la question de la bona fama defuncti dans la conception canonique actuelle
de Dicastère pour les textes législatifs
Date de publication : 05/09/2024

Texte original


DICASTERIUM DE LEGUM TEXTIBUS


N. 18316/2024


Cité du Vatican, 5 septembre 2024


Rev. mo Monsignore,


con la presente riscontro la lettera del 3 luglio scorso, con la quale Ella chiedeva a questo Dicastero un parere sulla questione della bona fama defuncti nell’attuale concezione canonica. Dopo un attento esame della delicata questione, avendo richiesto il parere di due stimati canonisti esperti in materia, mi premuro di comunicarLe le seguenti osservazioni.

Il can. 220 stabilisce un principio di carattere generale che proibisce la maldicenza e la diffamazione (cfr. anche nn. 2477-2479 CCC), dichiarando che “non è lecito ad alcuno ledere illegittimamente la fama di cui uno gode”. Ciò significa che in alcuni casi la lesione della buona fama può essere legittimata, per esempio per evitare qualsiasi pericolo o minaccia per le persone o per la comunità; di conseguenza, essa non sarebbe affatto legittima quando tale rischio è ragionevolmente da escludere, come nel caso di presunti delinquenti defunti, ove non può esistere una ragione né legittima né proporzionata per la lesione della fama. Non pare dunque ammissibile motivare la pubblicazione di tali notizie per presunti motivi di trasparenza o di riparazione (a meno che il soggetto non sia consenziente e dunque escludendo ancora una volta le persone defunte). 


Il problema giuridico non si riduce tuttavia all’impossibilità di difendersi dalle accuse da parte di un defunto, ma riguarda almeno due principi del Diritto universalmente accolti:

1) il principio di presunta innocenza di chiunque, fino a prova – giudiziale –contraria e definitiva (cfr. anche can. 1321 §1);

2) il principio di non retroattività del reato, per cui non si può essere giudicati – e di conseguenza neanche accusati – per condotte che al momento della eventuale commissione non costituivano reato dal punto di vista formale. 


Le norme penali valgono soltanto pro futuro (cfr. cann. 9; 18; 1313) e non possono applicarsi ad atti e condotte che al momento della loro realizzazione non costituivano né illecito, né crimine, né reato; per esempio, per quanto concerne le c.d. omissioni dei doveri generali di vigilanza. Tali principi, di portata strutturale, non possono ragionevolmente essere scavalcati da un generico “diritto di informazione” che renda di pubblico dominio qualunque genere di notizia, per quanto credibly, a concreto detrimento e danno esistenziale di quanti ne sono coinvolti personalmente, tanto più se inesatte, o addirittura infondate o false, oppure del tutto inutili come ciò che riguarda persone defunte. Inoltre, la determinazione se un’accusa è “fondata” spesso poggia su un fondamento non canonico ed esige uno standard di provarelativamente basso, comportando la pubblicazione del nome di una persona semplicemente accusata, ma di un’accusa non provata, senza il beneficio di alcun esercizio del diritto alla difesa.

In conclusione, avendo come base giuridica irrinunciabile l’affermazione del Sommo Pontefice Francesco secondo cui «bisogna evitare che vengano pubblicati gli elenchi degli accusati, anche da parte delle Diocesi, prima dell’indagine previa e della definitiva condanna»1, la risposta non può che essere negativa rispetto alla divulgabilità di notizie occulte riguardanti chiunque, a maggior ragione quando si tratti di persone defunte.


Nella speranza di aver fornito un utile parere, colgo l’occasione per porgerle i miei più cordiali saluti,

 

in Domino,


+ Filippo IANNONE o.c.

Prefetto


+ Juan Ignacio ARRIETA

Segretario


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1) FRANCESCO PP, Incontro “La protezione dei minori nella Chiesa”. Punti di riflessione, 21 febbraio 2019, in URL : https://www.vatican.va/resources/resources_puntidiriflessione-protezioneminori_20190221_it.html

Texte Français


DICASTÈRE POUR LES TEXTES LÉGISLATIFS


N. 18316/2024


Cité du Vatican, 5 septembre 2024



Éminence,


J’accuse réception de votre lettre du 3 juillet dernier, dans laquelle vous demandez à ce Dicastère un avis sur la question de la bona fama defuncti dans la conception canonique actuelle. Après un examen attentif de cette délicate question, et après avoir demandé l’avis de deux estimés canonistes experts en la matière, j’ai le plaisir de vous communiquer les observations suivantes.

Le canon 220 pose un principe général d’interdiction de la calomnie et de la diffamation (cf. aussi n° 2477-2479 CEC), en affirmant qu’« il n’est permis à personne de porter atteinte de façon illégitime à la réputation dont on jouit ». Cela signifie que, dans certains cas, l’atteinte à la réputation peut être légitime, par exemple pour éviter tout danger ou menace pour les personnes ou la communauté ; par conséquent, elle ne serait pas légitime du tout lorsqu’un tel risque peut raisonnablement être exclu, comme dans le cas de personnes décédées et soupçonnées d’avoir commis des délits, où il ne peut y avoir de motif légitime ou proportionné pour l’atteinte à la réputation. Il ne semble donc pas possible de justifier la publication de telles informations pour de prétendues raisons de transparence ou de réparation (sauf si le sujet est consentant, ce qui exclut à nouveau les personnes décédées). 


Le problème juridique ne se résume cependant pas à l’impossibilité de se défendre contre les accusations d’une personne décédée, mais concerne au moins deux principes de droit universellement acceptés :

1) le principe de la présomption d’innocence de toute personne, jusqu’à preuve - judiciaire - contraire et définitive (voir aussi c. 1321 §1) ;

2) le principe de non-rétroactivité de l’infraction, selon lequel on ne peut être jugé - et par conséquent pas même accusé - pour un comportement qui, au moment de sa commission éventuelle, ne constituait pas une infraction d’un point de vue formel. 


Les normes pénales ne s’appliquent que pour l’avenir (cf. can. 9 ; 18 ; 1313) et ne peuvent s’appliquer à des actes et comportements qui, au moment où ils ont été commis, ne constituaient ni des délits, ni des crimes, ni des infractions. Ces principes, qui ont une portée structurelle, ne peuvent raisonnablement pas être écartés par un « droit à l’information » générique qui rend publique toute nouvelle, aussi crédible soit-elle, au détriment concret et au préjudice existentiel des personnes personnellement impliquées, a fortiori si elle est inexacte, voire infondée ou fausse, ou totalement inutile, comme celle concernant des personnes décédées. En outre, la détermination du caractère « fondé » d’une accusation repose souvent sur un fondement non canonique et exige un faible niveau de preuve, ce qui aboutit à la publication du nom d’une personne simplement accusée, mais sans que l’accusation soit démontrée, sans que les droits de la défense aient pu être exercés.

En conclusion, ayant comme base juridique inaliénable la déclaration du Souverain Pontife François selon laquelle « la publication de listes d’accusés doit être évitée, même par les diocèses, avant l’enquête préalable et la condamnation définitive » (1), la réponse ne peut être que négative en ce qui concerne la possibilité de divulguer des informations confidentielles concernant quiconque, a fortiori lorsqu’il s’agit de personnes décédées.


Espérant vous avoir fourni un avis utile, je profite de l’occasion pour vous adresser mes salutations les plus cordiales,

in Domino,


+ Filippo IANNONE o.c.

Préfet


+ Juan Ignacio ARRIETA

Secrétaire


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1) François, Rencontre “La protection des mineurs dans l’Église”. Points de réflexion, 21 février 2019. En ligne : https://www.vatican.va/resources/resources_puntidiriflessione-protezioneminori_20190221_it.html